Rappel historique

Il exista d’abord, implanté au plus haut de la colline, un donjon, aujourd’hui disparu, disputé entre la principale famille seigneuriale locale, les Gaucerand, et leur seigneur l’archevêque. En contrebas, les archevêques édifièrent, dès le XIIe siècle, un château qui leur appartînt en propre, dont le développement accompagna celui de leur pouvoir. Aux lendemains de la croisade albigeoise, les Gaucerand furent pourchassés et éliminés. Les archevêques restèrent seuls maîtres de d’un Capestang devenu une ville active. Selon une analyse dendrochronologique pratiquée en 2003, c’est entre 1237 et 1270, qu’au-dessus d’un bâtiment bas et plus ancien aurait été élevée la grande salle de ce château. 

 

Une vaste enceinte s’ajouta au logis seigneurial, désormais desservi par un escalier monumental (détruit dans les années 50). Puis Bernard de Fargues (1311-1341), neveu du pape Clément V, s’attacha à décorer le château, au début du XIVe siècle. Il fit orner la grande salle d’apparat de peintures murales, encore visibles, qui font alterner ses armes personnelles avec celles des lys de France et de l’Eglise de Narbonne.

 

A l’époque, le plafond n’existait pas : la grande salle était recouverte d’une charpente, soutenue par des arcs diaphragmes, décorés de peintures, qui culminaient à plus de 8 mètres de haut. Au milieu du XVe siècle, les Harcourt, Jean (1436-1451) puis Louis (1451-1460), qui se succèdent à l’archiépiscopat, modifient profondément la salle, avec l’ajout du plafond qui limite la hauteur de la salle à 4,50m et la division de l’espace en trois pièces distinctes. Quelques traces de ce cloisonnement nous sont parvenues, et le décor du plafond le manifeste par son iconographie. La même analyse dendrochronologique date l’abattage des poutres de 1446 et le décor héraldique du plafond mêle aux armes de l’église de Narbonne celles de la famille d’Harcourt

 

les avatars du château (XVIIe-XXe siècle)

Le château abritait , du temps de sa splendeur médiévale, les services administratifs et le tribunal de l’archevêque. L’archevêque y faisait de fréquents, mais sans doute courts, séjours. Mais, comme de la plupart de leurs autres 18 châteaux, les archevêques se désintéressèrent de leur logis capestanais à la période moderne.

Dès le milieu du XVIIe siècle, la chapelle est en ruines. Au XVIIIIe siècle, le château ne sert plus qu’à abriter la salle de justice (appelé auditoire) et rassembler les revenus de l’archevêque à Capestang et dans les alentours dans un logis. De ce logis, une partie est en ruine et l’autre est devenue une suite de greniers, comme le révèlent les visites d’entretien du château en 1753-54 (Archives départementales de l’Aude, G 391, f° 145v°-147 v° et de 1763-67 (ib. G 392, 175-180).

 

Le château, vendu en 1791, comme bien national subit de profondes transformations dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Les propriétaires construisirent, à la place de la salle de justice, une vaste maison qui empiéta sur la salle d’apparat, englobant la poutre 5 (la numérotation va du Sud au Nord) et le chevêtre qui furent ainsi abrités sous de faux-plafonds. Plus tard, le plancher de la grande salle fut abaissé de près d’1,5 m. En 1855, les propriétaires firent faire au grand architecte Revoil des relevés aquarellés des décors et en 1875, à Louis Fouchère un dessin de la cheminée monumentale qui disparut ensuite, les uns et les autres conservés à la Médiathèque de l’architecture et du Patrimoine.

Le château fut acheté par la mairie en 1937, inscrit à l‘Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1956 ; le plafond classé en 1981 et le château entier en 1995. En 2003-2004, une étude préalable fut confiée à l’architecte en chef Dominique Larpin et Agnès Marin, pour la cabinet Hadès, réalisa une analyse archéologique très fructueuse, qui découvrit notamment le cloisonnement de l’espace, ignoré jusqu’alors. Le plafond fut rendu accessible au public en 2008 et un espace d‘interprétation aménagé. C’est alors que furent abattus les faux plafonds et les poutres qu’ils cachaient, connues seulement d’un courageux explorateur qui en avait fait un premier relevé photographique, apparurent dans la splendeur de leurs couleurs.

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